Perfectionniste désordonnée

Last Updated on 15 octobre 2020 by LaCat

Bienvenue dans la tête et la vie de la perfectionniste désordonnée (pour ne pas dire bordélique) que je suis

Je suis une perfectionniste désordonnée. J’aime que les choses soient bien faites, correctes, bien mises, etc. Dans mon quotidien (en cuisine, au boulot,… partout).

La poule et l’oeuf, qui était là d’abord : mon perfectionnisme ou mon hypersensibilité ? Mon perfectionnisme est lié à mon sens du détail (combiné à mon hypersensibilité) et mon besoin de contrôle (lié à mon hypersensibilité).

Perfectionniste mais désordonnée : chez moi… c’est le bordel ! Pourquoi ? Parce que ça me rassure. Et je pense que c’est lié à ma peur de l’abandon. Pour compenser cette peur, je me suis entourée d’objets. Peut-être que mon désordre est une forme de rébellion ? Il me permettait aussi de ne pas rentrer complètement dans le moule de la société. Il constitue également une soupape de sécurité. Son abandon sera difficile. L’accumulation qui m’entoure est une autre rébellion, liée quant à elle à mon statut d’extra-terrestre de la mode quand j’étais enfant et ado.

Mon perfectionnisme, mon accumulation et mon désordre sont donc différentes formes de protection.

Et comme je rêve d’abandonner désordre et accumulation, je rêve de minimalisme.

Perfectionniste désordonnée au quotidien

En cuisine

Si je cuisine, il « faut » que mon plat soit comme je l’ai planifié, imaginé. Même s’il est bon mais qu’il ne correspond pas à mon idéal, je en serai pas satisfaite. Si je le trouve trop ou pas assez salé, même si l’assaisonnement est parfait pour mes convives, je ne serai pas satisfaite. Je serai déçue de ce que j’ai fait.

Mais en même temps, la cuisine sera en désordre quand j’aurai fini de cuisiner.

Au boulot

Les textes que je tape ou que je corrige doivent contenir le moins d’erreurs possibles et être bien formatés. Je traque les fautes d’orthographe, de grammaire, de style. Je confirme le sens si une phrase me semble imprécise. J’aligne les paragraphes, je garde les titres avec le texte qui suit, j’aligne correctement les chiffres dans les tableaux, je corrige les polices de caractère (celles qui sont différentes, plus grandes, plus petites). Bref, vous voyez le topo.

J’ai une formation de secrétaire et un « beau » document sans faute est ce qu’on m’a enseigné qu’il fallait produire, c’est donc ce que je m’efforce de faire au mieux de mes capacités. Et je suis très frustrée si, à cause des délais trop stricts par exemple, je sais que le document que je fais partir contient encore des éléments que j’aurais pu corriger ou améliorer.

Mais perfectionniste désordonnée parce que mon bureau est un bordel permanent.

Perfectionniste désordonnée - Mon bureau passe de vide à envahi de piles instables en quelques jours. Chassez le naturel...
Quelques jours me suffisent pour passer d’un bureau rangé aux piles savamment désorganisées

Partout, en fait

Je vais voir (et « corriger ») un certain nombre de choses comme

  • les tableaux qui pendent de travers, que ce soit chez des amis ou dans un restaurant,
  • la chaise qui n’est pas alignée dans une rangée parfaite, si je vais à une conférence,
  • le CD mal rangé dans un classement alphabétique (à la médiathèque, par exemple),
  • l’élément qui est à l’envers quand tous les autres sont à l’endroit (livres dans une bibliothèque),
  • des fils emmelés,
  • un col relevé à moitié,
  • la fermeture du collier au cou d’une amie qui se trouve sur l’avant et non derrière son cou,
  • etc etc etc.

Perfectionnisme et hypersensibilité – la poule et l’oeuf

Perfectionnniste parce que je suis hypersensible ou hypersensible parce que je suis perfectionniste ? Pour ma part, je dirais plutôt perfectionniste parce qu’hypersensible. Voici quelques autres causes possibles (liées à mon hypersensibilité) de mon perfectionnisme.

Mon sens du détail (et mon hypersensibilité)

De toute évidence, je ne pourrais pas être perfectionnniste si je ne possédais pas une capacité de remarquer les détails largement supérieure à celle des personnes qui m’entourent. Mes collègues étaient toujours étonnés que j’arrive à voir la virgule ou le point qui manque au milieu d’une page juste après avoir affiché cette page. Alors que, pour moi, ce qui serait agréable, ce serait pour une fois de ne pas remarquer ce détail. Quand je lis, je serais tellement contente de ne pas devoir m’arrêter quasi à chaque erreur parce que mon cerveau bloque et que je dois revenir en arrière pour relire en l’ayant corrigée mentalement.

Et je pense que mon besoin de corriger les choses qui ne sont pas à leur place ou comme elles devraient être vient du fait que les laisser me met mal à l’aise, d’une certaine manière. Je suis nettement plus sensible que d’autres au fait que les choses ne sont pas comme elles devraient être.

Mon besoin de contrôle (et mon hypersensibilité)

L’autre raison principale de mon besoin de remettre les choses à leur place est un besoin de contrôle. Tant que la chose ne sera pas à sa place, mon attention sera régulièrement distraite par cet élément. Si je parle à quelqu’un, mon regard va régulièrement être attiré par le tableau qui pend de travers et je me dirai à chaque fois qu’il faudrait que je le redresse. Et du coup, je perds à chaque fois quelques secondes de la conversation. Si j’ai bougé le tableau dès que je l’ai vu, je sais que je pourrai le regarder sans que cela ne me perturbe.

Encore une fois, la cause principale est mon hypersensibilité, le fait que je vais remarquer le positionnement penché chaque fois que je regarde le tableau ou que je le vois seulement dans ma vision périphérique.

Perfectionniste, mais chez moi…

Certains pourront objecter que, chez moi, les choses sont loin d’être toujours parfaites, alignées, rangées.

C’est un fait. Et c’est même souvent l’inverse absolu : mon environnement personnel, que ce soit chez moi ou au bureau …

c’est le bordel !

Toute ma vie, c’est quelque chose qui m’a profondément dérangée. Mais je n’ai toujours pas réussi à savoir quelle est la part de gêne causée par le regard (critique) des autres sur mon bordel et mon désir personnel d’en être débarassée.

Mon appartement n’est pas rangé. Les cadres ne sont pas droits, les chaises sont mises n’importe comment. Mais les CDs sont régulièrement remis par ordre alphabétique et les livres rangés dans le même sens par ordre alphabétique d’auteurs puis de titres.

Ce désordre me désespère. Et en même temps…

ça me rassure

D’une certaine manière bizarre, ce bordel est rassurant. Pourquoi ?

à cause de ma peur de l’abandon

Toute ma vie, j’ai eu peur d’être abandonnée puisque j’ai très jeune été persuadée qu’il n’était pas possible que quelqu’un m’aime pour qui je suis vraiment. Peu importe qui m’a aimée, j’ai toujours cru qu’à un moment où un autre je serais abandonnée. Le jour où la personne verrait qui j’étais vraiment, elle ne pourrait que me quitter, que ce soit en amitié ou en amour. Parfois il est plus facile de quitter que d’être quittée. Parfois aussi je pense qu’on peut, inconsciemment, pousser l’autre à vous quitter en étant convaincu qu’il ne vous aimera jamais assez pour vous accepter.

Pour compenser, je me suis entourée d’objets.

Non seulement ceux que j’achetais mais aussi de souvenirs de personnes qui m’avaient aimée quand j’étais jeune. Et donc, inconsciemment, de personnes dont j’avais le sentiment qu’elles m’avaient aimée comme j’étais (mes grand-parents, ma grande-tante).

Plus j’ai accumulé du brol, plus il m’a été difficile de le garder rangé.

Le désordre, une forme de rébellion

J’ai souvent pensé que, dans mon adolescence, mon désordre constituait une forme de rébellion. Je pense que c’est la raison pour laquelle je l’ai gardé jusqu’à maintenant. Je faisais mon possible pour être celle que l’on voulait que je sois (bonne élève à l’école, bien élevée, « sage comme une image »), le seul endroit où j’osais affronter l’image que mes parents et ma famille avaient de moi était mon bureau. Ma chambre était relativement bien rangée mais mon bureau était toujours un boxon, une série de piles que je déplaçais vers mon lit quand je devais travailler.

Perfectionniste désordonnée. Perfectionniste pour être « comme il fallait », désordonnée pour m’opposer.

Pour ne pas rentrer complètement dans le moule de la société

Perfectionniste dans le moule, désordonnée hors du moule.

Du matin au soir, je devais faire attention à ce que je disais, à ce que je ne devais pas dire, à ce que je faisais, à ce qu’il ne fallait pas faire. Pour être une bonne élève, une copine que les autres auraient envie de fréquenter, une fille dont mes parents et ma famille seraient fiers. Et plus tard, la version parfaite / idéale / imaginée / rêvée de l’amie, la collègue, la femme, l’amante, la mère. Tous ces rôles que je pensais qu’il me fallait jouer du matin au soir, du lever au coucher.

La seule manière dont je m’autorisais à ne pas correspondre à toutes ces images était mon désordre.

Ces images étaient réelles (ce qui ressortait des commentaires de mon entourage) autantqu’imaginées (ce que je m’imaginais que les autres voulaient que je sois, ce que je pensais qu’il fallait que je sois pour être acceptée en tant qu’amie, collègue, etc).

Le désordre soupape de sécurité

Tout ce contrôle que j’ai exercé sur moi tout au long de ma vie est épuisant. Ma zone de confort, celle dans laquelle j’avais abandonné tout contrôle, c’était mon désordre. Abandonner mon désordre, ce sera également abandonner la plupart des objets (inutiles) qui m’entourent. Cela veut dire abandonner tout ce qui m’a rassurée durant tout ma vie.

Abandonner mon désordre sera le lâcher prise ultime.

L’accumulation, mon autre rébellion

L’accumulation a commencé par des objets appartement à ma famille mais depuis que j’habite seule j’ai aussi acheté une quantité impressionnante de vêtements.

parce que j’ai été une enfant et une ado extra-terrestre de la mode

Pour mes parents, il valait mieux acheter moins de vêtements mais de bonne qualité. Je me retrouvais donc avec des vêtements que je gardais durant des années, jusqu’à ce qu’ils deviennent trop petits. Et je ne pouvais pas changer énormément puisque j’en avais peu. J’étais toujours habillée différemment des autres, de manière classique et non selon les « tendances » du moment. La plupart de mes copines avaient constamment des nouveaux vêtements, moi très rarement. Je me suis donc, pour ça aussi, toujours sentie différente – une sorte d’extra-terrestre dans le monde de mes copines d’école.

Quand j’ai pu gérer mon budget, j’ai commencé à acheter un grand nombre de vêtements peu chers afin de pouvoir changer très régulièrement. Ce qui ne veut pas dire que je jetais nécessairement beaucoup. Il y a 20 ou 30 ans, même les vêtements bon marché étaient de qualité et pouvaient être gardés durant 15 ou 20 ans. J’ai fini par donner beaucoup parce que j’avais changé de style, qu’ils étaient trop petits ou que j’en avais marre de les voir.

Encore aujourd’hui j’ai tendance à acheter trop mais j’y travaille.

Aujourd’hui je rêve de minimalisme

Voilà des années que je rêve de minimalisme, de vivre dans un petit espace et avec peu de choses. Ces dernières années, le chemin qui y mène me semble de plus en plus praticable. Je n’y suis pas encore tout-à-fait, sur le chemin. Il est la voie carossable que je vois, depuis le petit sentier sauvage et sinueux sur lequel je chemine. Et il se rapproche de jour en jour.

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