Je vais changer de style

Last Updated on 15 octobre 2020 by LaCat

… pour la rédaction de ce blog.

Ce matin, juste après m’être réveillée, j’ai pensé à mon blog (oui, mon cerveau travaille sans arrêt, je ne choisis pas toujours à quoi je pense ni quand – mes meilleures idées me viennent souvent la nuit, quand je dors à moitié). Mes pensées vagabondaient vers l’article en brouillon depuis une semaine.

Soudain, une idée pour un nouvel article : comment mon perfectionnisme (j’en parlerai plus en détails plus bas). [J’ai déjà parlé de mon perfectionnisme dans cet autre article] m’a bloquée durant une semaine pour la publication de ce fameux article, toujours en brouillon (et que je compte publier aujourd’hui ou demain).

Et puis, comme toujours, mon cerveau est déjà passé à l’idée suivante : quelque chose m’empêche de publier cet article. Ai-je un problème avec le sujet, qui fait que je reporte la publication ? Sauf que le sujet, justement, m’échappe complètement (maintenant encore, plus d’1h30 plus tard et alors que je n’ai pas regardé mes articles précédents, je ne me souviens toujours pas du sujet !). Peut-être n’est-ce donc pas à cause du sujet mais d’autre chose.

Et tout à coup, les nuages s’écartent et un rayon de soleil me frappe en pleine tronche – lumière à tous les étages, mon franc tombe. JE SAIS ! Et je comprends que cela fait quelques semaines que ça dure. Quelques semaines que j’ai l’impression de me forcer, que quelque chose ne va pas. Mais quoi ?

En fait, je sais ce qui ne va pas mais je viens seulement de l’admettre et de comprendre pourquoi ça ne va pas.

Ce qui ne va pas, c’est le style de mes articles. Si vous avez êtes arrivé aussi loin dans votre lecture d’aujourd’hui et que vous avez lu d’autres articles, vous avez probablement déjà remarqué les différences : pas de table des matières en début d’article (ou alors elle sera courte) et pas nécessairement de liens internes sur la page.

Et ça ne va pas parce que ce n’était pas ma manière naturelle d’écrire. Mais avec WordPress (que j’utilise pour mon blog) vient cet outil de l’enfer qui s’appelle Yoast SEO. Pourquoi de l’enfer ? Parce que l’enfer est pavé de bonnes intentions. Et les miennes étaient bonnes : avoir les deux petits feux verts pour l’analyse de lisibilité (phrases courtes, paragraphes courts, structure avec titres, liens internes sur la page et entre les pages du blog, images présentes, etc, etc, etc) et pour le référencement sur internet (avec analyse des métadescriptions, par exemple).

Et pourquoi n’est-ce pas une bonne idée pour moi de suivre ça à la lettre ? Parce que 1) ce n’est pas comme ça que j’écris (il faut faire des phrases courtes, ce que je fais rarement, mettre des titres ou une structure, ce que je ne fais pas, des images, etc); 2) je n’écris pas pour le lecteur lambda mais bien principalement pour ceux qui sont comme moi, qui fonctionnent comme moi, qui pensent aussi vite que moi ou de manière aussi décalée; 3) parce que je m’en fous qu’on me trouve dans une recherche google, en fait – j’écris d’abord pour moi et je sais que ceux qui arriveront sur ces pages seront ceux qui auront besoin de lire exactement ce que j’ai écrit. Parce que j’aurai écrit brut de décoffrage et non comme ce qu’un outil à la noix me dit que la majorité des gens aimeraient lire. Ah ben du coup, je me souviens du sujet, parce que j’allais justement écrire « parce que je suis différente, je suis une extra-terrestre », c’est ça le sujet de mon autre article. 🙂

Donc, revenons-en au perfectionnisme. Depuis une semaine, je relis, je rajoute des titres, des phrases, des paragraphes, je déplace du texte. Je cherche une image (parce que Yoast dit qu’il faut des images dans un blog), je la modifie pour qu’elle soit comme je veux, je perds du temps. Bref, je procrastine. Parce que ça ne me plaît pas, de devoir pondre un titre toutes les x phrases, de devoir raccourcir mes phrases à rallonge pour que seulement 25% d’entre elles fassent plus de 20 mots ou que les paragraphes ne fassent pas plus de 150 mots. Quand l’idée m’est venue ce matin de parler du perfectionnisme, je pensais seulement au fait que je revenais souvent sur la page pour l’améliorer. Avant de me rendre compte que je ne le faisais pas selon mes propres critères (qui sont principalement « est-ce que c’est clair, est-ce que ça reflète ce que je veux dire » et traquer les fautes d’orthographe et de grammaire) mais bien selon l’analyse Yoast. [si vous êtes venus ici directement depuis le lien plus haut, vous pouvez retourner là où vous étiez. Du coup, comme vous étiez pressé, vous lirez ce paragraphe deux fois, ou en tout cas vous le commencerez deux fois ;-)]

Et donc, une fois de plus, sans vraiment m’en rendre compte, j’ai laissé les autres / les idées des autres / les critères des autres juger / déterminer ce que je fais, comment je communique. Comme la bonne élève que j’étais, je faisais tout mon possible pour avoir ces deux petits putains de feux verts. Alors qu’en fait, je n’en ai rien à foutre. Et vous non plus, si vous êtes arrivés jusqu’ici dans votre lecture. Une fois de plus, mon besoin de plaire et de me conformer aux attentes a pris le pas sur qui je suis mais surtout qui j’ose être.

Voilà, ce n’est pas grave. Ca a donné un article dont je suis contente et qui m’a pris moins d’une heure.

C’est aussi une bonne leçon, une de plus. Pour moi, et peut-être pour vous. Que faites-vous en ce moment qui ne vous correspond pas ? Que faites-vous qui, si vous y réfléchissez un peu, sert seulement à vous faire sentir à votre aise, à votre place, intégré(e) dans la société ?

Si vous trouvez quelque chose (ou plusieurs), ne soyez pas trop dur avec vous-même. Comme on dirait à Bruxelles « au plus que tu vois ton problème, au mieux que tu peux le résoudre ».

Allez, j’espère que vous n’avez pas trouvé (trop) de (gros) problèmes et je vous souhaite une magnifique journée. N’oubliez pas de profiter de ce que la nature et la vie vous offrent. Un clin d’oeil à Rachel, si elle lit cette page, parce que je sais que son oeil de photographe lui fait remarquer quantité de beautés qui échappent à beaucoup. Il faut juste penser à en profiter quand on les voit. Un rayon de soleil, une fleur, un sourire. Un câlin de votre enfant. Quelque chose que vous terminez aujourd’hui et dont vous êtes fier/fière. Un compliment qu’on vous fait. Ou un que vous faites. S’il n’y a rien de bon dans votre journée, il ne tient qu’à vous d’en mettre un petit grain ou d’en renverser le pot sur votre tête – c’est vous qui voyez (y en a qui ont essayé)1. Souriez, ce sera déjà un bon début. Et si vous souriez à quelqu’un d’autre, vous aurez eu un impact positif sur cette personne. Non, ne pensez pas qu’elle va vous trouver bizarre de lui sourire alors qu’elle ne vous connait pas. Pensez juste que ça lui fera du bien et ce sera le cas. Et si vous n’osez pas, commencez par sourire à ceux que vous aimez.

1 Sketch de Chevallier et Laspales. Le train pour Pau. A partir de 3min30 si vous ne voulez pas tout regarder

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